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Grammage, papier couché, offset : choisir le papier d'un imprimé

Ce que veut dire un grammage, ce qui distingue un papier couché d'un papier offset, quelles finitions ajouter, et quel papier demander pour un flyer, une carte ou une couverture de livre.

Publié le 22 octobre 202612 min de lecturePar Gaëtan Gérard

Le grammage d’un papier est le poids d’un mètre carré de feuille, donc à peu près sa tenue en main : 80 g pour la ramette de bureau, 135 à 170 g pour un flyer, 300 à 350 g pour une carte de visite. Reste à choisir sa surface. Un papier couché est recouvert d’une fine couche de pigments qui ferme sa surface : l’encre reste en haut, les couleurs sont vives et les photos nettes. Un papier offset, ou non couché, garde ses fibres à nu : il boit l’encre, rend des couleurs plus douces, et on écrit dessus sans difficulté. Le grammage et la surface se choisissent ensemble, selon ce que l’imprimé doit faire.

La réponse courte

Support Papier conseillé Grammage courant
Courrier, papier à en-tête offset 80 à 120 g
Pages intérieures d’un livre offset, ou couché mat si beaucoup d’images 80 à 120 g
Flyer, dépliant couché mat ou satiné 135 à 170 g
Catalogue photo, magazine couché brillant ou satiné 115 à 170 g
Couverture de livre ou de brochure couché mat, souvent pelliculé 250 à 350 g
Carte de visite, carton d’invitation offset épais ou couché mat 300 à 350 g

Ces fourchettes sont des repères d’usage, que chaque imprimeur décline selon sa gamme. Elles ne remplacent pas un échantillon tenu en main, j’y reviens plus bas.

Le grammage du papier, expliqué

Le grammage est la masse d’une feuille d’un mètre carré, exprimée en grammes. Une ramette de 80 g contient donc des feuilles dont un mètre carré pèse 80 grammes. Plus le grammage monte, plus le papier est rigide et opaque, et plus il coûte cher à imprimer et à envoyer.

Le grammage ne dit pas tout de l’épaisseur. Deux papiers de même grammage peuvent avoir une épaisseur différente : un papier bouffant, plus aéré, paraît plus épais et plus rigide qu’un couché du même poids, dont la couche tasse la feuille. Les fiches techniques des papetiers donnent les deux valeurs, l’épaisseur en microns à côté du grammage, et c’est la seconde qui compte pour calculer le dos d’un livre.

Courrier, papier à en-tête, pages d'un livre80 à 120 g
Catalogue photo, magazine115 à 170 g
Flyer, dépliant135 à 170 g
Couverture de livre ou de brochure250 à 350 g
Carte de visite, carton d'invitation300 à 350 g

Le trait rouge : la ramette de bureau, 80 g.

Les grammages du tableau, sur une même règle de 0 à 400 g par mètre carré. Le trait rouge marque le papier que tout le monde a déjà eu en main, la ramette de bureau à 80 g : un flyer pèse à peu près le double, une carte de visite près de quatre fois plus.

De 80 à 120 g : courrier et pages intérieures

C’est la plage du papier qu’on plie, qu’on glisse dans une enveloppe ou qu’on relie par centaines. Le 80 g est celui de l’imprimante de bureau. Pour un papier à en-tête, monter à 90 ou 100 g suffit à donner une meilleure tenue sans gêner le passage dans une imprimante. Dans un livre, le grammage des pages intérieures décide du poids de l’objet et de son épaisseur : sur un ouvrage long, quelques grammes par feuille se sentent dans la main.

De 135 à 170 g : flyers et dépliants

Assez rigide pour tenir debout dans un présentoir, assez souple pour se plier. C’est la plage que je recommande dans l’article sur le format de flyer. Pour un dépliant, vérifiez avec l’imprimeur s’il rainera le pli : sur un papier épais, et surtout sur un couché, plier sans rainage fait craqueler la surface le long du pli.

De 250 à 350 g : couvertures et cartes

On entre dans le carton léger. Une couverture de brochure ou de livre broché se tire autour de 250 à 300 g, souvent pelliculée pour résister aux manipulations. Une carte de visite demande 300 à 350 g : en dessous, elle plie dans un portefeuille, comme je l’explique dans l’article sur le format de carte de visite.

Une pile de numéros du magazine Nichons-nous dans l'internet tenue debout à deux mains, dos carré collé et quatrième de couverture noire.
Le magazine Nichons-nous dans l'internet, dont j'ai tenu la couverture, la grille et la reliure : en dos carré collé, les cahiers sont collés dans le dos de la couverture, d'où ce dos plat et carré. Voir le projet

Un papier se juge du bout des doigts avant de se juger à l'œil.

Papier couché ou non couché : la différence

Un papier se fabrique à partir de fibres de cellulose, issues du bois ou de papier recyclé, mises en suspension dans l’eau, égouttées sur une toile puis pressées et séchées. À la sortie, sa surface est faite de fibres enchevêtrées, avec des creux entre elles. C’est ce papier-là qu’on appelle offset, ou non couché.

Le couchage ajoute une couche sur cette surface. Le glossaire de l’Institut national du patrimoine la décrit comme un mélange de pigments, de liants et d’adjuvants, déposé à plus de 7 à 8 g par mètre carré et par face. Il distingue le couché léger, sous 12 g de couche, le couché médium, de 12 à 20 g, et le couché lourd, au-delà de 20 g par face. La même source note que la grande majorité des papiers de communication sont aujourd’hui couchés.

OffsetCouché123
  1. L'encre entre dans les fibres Elle s'étale un peu en séchant : le point grossit, la couleur s'adoucit.
  2. La couche Pigments et liants déposés sur chaque face, plus de 7 à 8 g par mètre carré.
  3. L'encre reste en surface Le point garde sa forme : contraste plus franc, photos plus nettes.
Deux papiers vus en coupe, très agrandis et hors échelle : l'épaisseur de la couche et de l'encre est exagérée pour qu'on la voie.

Le couché brillant

Après le couchage, le papier passe dans une calandre, une série de rouleaux qui le lissent jusqu’à le faire briller. Les noirs sont denses et les photos éclatent. En contrepartie, il renvoie la lumière : sous un éclairage de bureau, une page de texte devient pénible à lire, et chaque trace de doigt se voit. On le réserve aux supports où l’image domine, un catalogue de produits ou une affiche photographique.

Le couché mat et le satiné

Le couché mat garde la surface fermée du couché sans le reflet. Les couleurs restent nettes, un peu moins saturées qu’en brillant, et le texte se lit sous n’importe quelle lumière. C’est le papier que je propose par défaut pour un flyer ou une plaquette. Le satiné, qu’on appelle aussi demi-mat, se place entre les deux : un léger lustre qui fait ressortir les photos sans gêner la lecture.

C’est quoi un papier offset ?

C’est le papier non couché, celui de la ramette de bureau en 80 g, du papier à en-tête et de la plupart des romans. Son nom vient du procédé d’impression offset, pour lequel il a été conçu, mais il passe aussi bien en impression numérique. Il absorbe l’encre, ce qui donne des images plus douces et des noirs moins profonds. Il a en échange deux qualités que le couché n’a pas : on écrit dessus au stylo sans bavure, et il a un toucher. Pour une carte de visite, un papier offset épais et légèrement teinté se remarque souvent plus qu’un couché brillant.

Les finitions : vernis sélectif, pelliculage, dorure

Une finition s’ajoute après l’impression, et elle se prévoit dès la maquette, parce qu’elle demande souvent un fichier à part.

Le vernis sélectif est un vernis brillant, parfois en relief, posé seulement sur une partie du dessin : un logo, un titre, une photo. Il se voit par contraste, d’où son emploi presque toujours sur un fond mat ou pelliculé mat. L’imprimeur demande en général un fichier à part, ou un calque en ton direct, qui indique en noir plein les zones à vernir. Vérifiez sa fiche technique avant de préparer ce fichier.

Le pelliculage colle un film très fin sur la feuille imprimée, mat, brillant ou au toucher velouté. Il protège des rayures et de l’humidité, ce qui le rend presque obligatoire sur une couverture qu’on manipulera souvent. Il change aussi le toucher du papier : un offset pelliculé perd sa texture.

La dorure à chaud transfère une feuille métallique, or, argent ou couleur, par la chaleur et la pression d’un cliché gravé. Elle demande des traits pas trop fins et un papier assez ferme pour recevoir la pression. On la réserve à un élément, rarement plus : une dorure qui couvre toute une carte ne distingue plus rien.

Quel papier pour quel support

La question de départ est toujours la même : qu’est-ce que la personne va faire de cet imprimé ? Un papier à en-tête doit passer dans une imprimante et recevoir une signature, donc offset. Un flyer distribué à la sortie d’un événement doit être lu vite et coûter peu, donc couché mat dans la plage de 135 à 170 g. Un catalogue de produits vit de ses photos, le satiné leur rend justice.

L’édition pose d’autres contraintes, parce que le papier dépend de la reliure. Sur l’encyclopédie Universalis, dont j’ai tenu la mise en page et le façonnage, les tomes sont cousus à fil apparent : les cahiers pliés doivent supporter la couture et s’ouvrir largement. Le magazine Nichons-nous dans l’internet est relié en dos carré collé, une reliure qui ne s’ouvre jamais à plat et qui demande une marge intérieure plus large. Dans les deux cas, le choix du papier s’est posé en même temps que celui de la reliure, avant la première page maquettée.

Les tomes de la collection Universalis empilés, dos cousu à fil apparent de couleur, devant une double page ouverte.
Les tomes Universalis, dont j'ai tenu la mise en page et le façonnage : on voit les cahiers pliés, empilés, et le fil de couleur qui les traverse. Voir le projet

Quand une marque a ses supports, le papier fait partie de son identité au même titre que sa couleur : un même papier d’un support à l’autre se reconnaît au toucher. C’est l’une des décisions que je prends avec vous quand je conçois vos supports imprimés, en même temps que le format et le procédé.

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Demander un échantillon avant de commander

Une fiche technique dit le grammage, la blancheur et l’épaisseur. Elle ne dit pas ce que le papier fait dans la main, ni comment il rendra votre couleur. Les imprimeurs et les papetiers fournissent des échantillons, souvent gratuitement, et beaucoup ont un nuancier de leurs papiers. Demandez-le, et demandez si possible un échantillon imprimé, pas une feuille blanche : un couché mat et un offset portant la même photo ne racontent pas la même chose.

Profitez-en pour regarder l’origine du papier. Les labels FSC et PEFC certifient que les fibres viennent de forêts gérées selon leurs cahiers des charges, et un papier recyclé se demande au même titre qu’un grammage. Le prix d’un papier pèse plus ou moins lourd selon le tirage : sur un petit tirage, l’écart entre un papier standard et un beau papier reste souvent modeste ; sur plusieurs milliers d’exemplaires, il se chiffre. Demandez les deux devis avant de trancher. Ce que coûte mon travail à côté de celui de l’imprimeur est détaillé dans l’article sur le tarif d’un graphiste freelance.

En résumé

  • Grammage : le poids d’un mètre carré. 80 à 120 g pour le courrier et les pages intérieures, 135 à 170 g pour les flyers, 250 à 350 g pour les couvertures et les cartes.
  • Couché : surface fermée, encre en surface, couleurs vives. Brillant pour l’image, mat ou satiné pour tout ce qui se lit.
  • Offset, ou non couché : fibres à nu, encre absorbée, toucher naturel, et on écrit dessus.
  • Finitions : vernis sélectif sur fond mat, pelliculage sur une couverture, dorure sur un seul élément. Chacune se prévoit dans le fichier.
  • Le papier d’un livre se décide avec sa reliure.
  • Un échantillon imprimé tranche mieux que n’importe quelle fiche technique.
Gaëtan Gérard
Directeur artistique indépendant, Angers
  1. La réponse courte
  2. Le grammage du papier, expli…
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  6. Demander un échantillon avan…
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